Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 13:15

 

 

P1020478.JPGSylvie Lesage, d'ISSOUGHAN, présente le partenariat avec les artisans forgerons Touaregs du Niger

Les projets concrets ne manquent pas et peuvent être réalisés malgré le contexte géopolitique qui complique les déplacements dans la région d'Agadez.

A suivre et à soutenir!

 

Issoughan : commerce équitable de bijoux artisanaux touareg

 

 

 

 

 ISSOUGHAN 

Magie de l’argent, éclat des pierres fines,

profondeur de l’ébène…

 

Voici des parures, secrets de beauté des hommes et des femmes du désert.

Partenaires des orfèvres d’Agadez, nous vous proposons

des bijoux traditionnels, des créations contemporaines

forgées par des artisans Touareg du Niger.

forgeron_argent10.png

 

Dans une démarche solidaire,

équitable, et créative !!

 

 

 

Derrière le mystère des voiles qui magnifient le magnétisme  des regards qui se cachent, il est un monde de parures et de merveilles… Dévoilés pour vous sur

issoughan.fr

 

 

 

 

HISTORIQUE & PERSPECTIVES DU PROJET

 

Hier… TÂSSAKH, une association de SOLIDARITE,
Aujourd’hui…ISSOUGHAN, une SARL de commerce équitable pour le développement économique

Demain… une coopérative, pour une structure résolument ancrée dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire.
TÂSSAKH, une association :
Tout a commencé par un voyage au Niger, en 2004, dans la région d’Agadez au nord du pays, et la prise de conscience des réalités vécues par cette région du monde, et des peuples qui l’habitent. Des rencontres, des échanges et des premiers liens avec des acteurs de la société civile, des militants associatifs, des élus locaux de la région d’Agadez nous ont permis d’appréhender « de l’intérieur » ces réalités mais aussi les richesses et le potentiel de cette région. En effet, ce territoire de la région d’Agadez (l’Aïr) est recensé par le PNUD, comme parmi les plus pauvres au monde, en regard des critères de développement humain. Mais ce classement chargé de difficultés ne doit cependant pas faire oublier les richesses et les potentiels nombreux ainsi que la vitalité des initiatives de ceux qui l’habitent.
Notre premier engagement fut associatif, au travers une structure franco-nigérienne l’association TÂSSAKH. Les fondements de l’association reposent sur l’idée de plutôt s’appuyer sur les potentiels de cette région que d’apporter uniquement une aide à ses difficultés. C’est ainsi que cette association a déployé trois axes principaux de soutien à des projets économiques portés par les habitants de ce
territoire :


1- En partenariat avec l’association Kokopelli, soutien au maraîchage vivrier et destiné à la vente. Il s’agit d’approvisionner un groupe d’une quarantaine de familles sur le quartier d’Alarcess, en semences fertiles, afin de déconstruire le lien de dépendance totale en matière de semences, consécutif à la seule présence de semences occidentales hybrides localement. Les difficultés récurrentes des années antérieures (sécheresse, famines, troubles politico sociaux) n’ayant pas permis à ces maraîchers de pouvoir correctement conserver et reproduire leurs semences traditionnelles endémiques. Un jardin de semences à été mis en place dès octobre 2007, dont le développement devait permettre de fournir des maraîchers sur l’ensemble de la zone. Les inondations catastrophiques de septembre 2009 (détruisant 1/3 de la ville d’Agadez, et la totalité des jardins) oblige aujourd’hui a redémarrer le projet.


2- Soutien au développement d’activités génératrices de revenus pour des femmes, réunies dans des structures collectives de solidarité mutuelle (groupements féminins, associations de quartier, coopératives) par le biais de micro crédits tournant. Ce système, pratiqué depuis de nombreuses années sur Agadez, allie les avantages du micro crédit classique et d’une pratique traditionnelle, la tontine. Il permet de soutenir économiquement le démarrage d’une activité économique. Le fonds est abondé par des donateurs, surtout français mais aussi quelques nigériens, sous forme de parrainages. Ces parrainages sont mutualisés et confiés à un collectif qui en assume la gestion et rend des comptes sur son
utilisation. Chacune des adhérentes à tour de rôle reçoit la somme nécessaire pour démarrer son activité (achat de matières premières essentiellement), et décide avec le collectif de la durée du prêt. Quand sa solvabilité lui permet elle rembourse ce prêt au collectif, qui peut ainsi prêter à nouveau la somme à une nouvelle porteuse de projet. Ainsi depuis 2005 plus de 250 femmes ont pu démarrer des activités qui leur permettent de sortir d’une précarité totale, tout en valorisant leur capacité à les développer, et en renforçant les liens de solidarité au sein du groupement. A ce jour 100% des prêts ont été remboursés par les bénéficiaires, ou par le collectif quand ces dernières ont été défaillantes.


3- Soutien à l’artisanat local, notamment celui des bijoutiers forgerons touaregs. Il s’agissait d’accueillir ces artisans en France à l’occasion des leurs voyages biannuels (été et période précédent Noël) et de les accompagner par prise en charge de leurs transports, l’accueil sur différentes villes, et l’aide à la recherche et à la participation à des manifestations
culturelles ou solidaires afin de faire connaître leur travail et vendre leurs productions.


ISSOUGHAN, une SARL de commerce équitable
Si la forme associative convient parfaitement aux deux premiers axes d’actions, nous en avons vite perçu les difficultés et limites pour le soutien aux artisans. Une activité à vocation économique, exercée en France, ne s’accommodant que difficilement de ce statut associatif.
Par ailleurs, l’évolution de la situation sociale et politique sur Agadez, par la reprise d’une rébellion touareg en février 2007, a depuis lors, totalement privé ce territoire de l’apport du tourisme, empêché par l’insécurité et les échauffourées armées et sanglantes. Les ressources annuelles des artisans provenant pour environ 45% des ventes aux touristes, ils s’en sont vu brutalement privé.
Enfin, l’évolution des politiques en matière d’attribution de visas par les autorités françaises a dans le même temps rendu les possibilités pour ces artisans de venir en France vendre leurs productions à la fois beaucoup plus aléatoires et coûteuses. Cette nouvelle donne réduisant notablement le nombre de leurs voyages effectifs depuis 2007, avec des incidences économiques désastreuses pour ces familles.
La prise en compte de ces évolutions dans l’environnement a amené l’association Tâssakh à prendre la décision de sortir ce soutien aux artisans, du champ de ses activités, et de contribuer à fonder une autre structure particulièrement dédiée à cette activité économique. Ainsi est née en 2009 ISSOUGHAN qui signifie « Bijoux » en tamashek (la langue de Touareg) et qui existe donc pour prendre sa part dans cette indispensable solidarité entre citoyens des pays « du
Nord » et « du Sud ».


- Une SARL pour doter ce partenariat de plusieurs années avec des artisans bijoutiers de la région d’Agadez, d’un outil plus adapté afin de mieux faire fructifier leurs activités, notamment parce qu’ils n’en sont pas les simples fournisseurs, mais aussi pour certains, associés et donc
acteurs et décideurs à part entière au sein de l’entreprise.


- Une boutique en ligne pour commercialiser et valoriser leur beau travail d’orfèvrerie en argent,
traditionnelle ou contemporaine, de façon permanente en France, au-delà des aléas sociaux
politiques entravant la circulation des hommes ;


- L’organisation de temps de rencontres en France avec le public afin de permettre une meilleure
connaissance et compréhension de qui sont ces créateurs, une découverte de leur environnement.
Demain, une coopérative pour la pérennisation du projet
Issoughan sous forme de SARL, constitue donc une étape intermédiaire dans le processus de développement envisagé. Les critères économiques requis pour la constitution d’une SCOP ne pouvant être réunis au démarrage de l’activité, c’est donc la forme SARL qui a été choisie, par défaut.
A terme, et dès que les conditions le permettront, il s’agit de faire évoluer le cadre juridique, le fonctionnement et le mode de gouvernance, dans l’objectif d’une cohérence accrue entre les formes de l’entreprise et l’éthique portée par ses fondateurs : un ancrage plus fort autour des valeurs portées par le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire.

 

IMG-11.jpgi.jpg

 

 

Ethique équitable & solidaire

 

Notre démarche, patiente et mesurée comme celle de l’artisan dans son atelier, s’articule autour de ces trois idées fondatrices qui guident la conception, le fonctionnement, et les perspectives de développement de notre activité.


ETHIQUE


Nous nous référons à celle portée par  l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), qui se différencie de l’économie « classique » en cherchant à produire, vendre, consommer, employer autrement. L’humain est au centre de tous les projets qui sont amenés à se développer de manière respectueuse pour l’environnement et les territoires. Le profit n’est pas une fin en soi, mais bien un moyen au service d’un projet social et solidaire.

Inscrit dans ce projet économique et social, ISSOUGHAN entend participer activement au maintien des activités artisanales, à la fois traditionnelles et inédites, qui permettent aux forgerons bijoutiers de vivre dignement de leur activité. Concrètement ces intentions se traduisent à différents niveaux :

Le juste paiement de leur travail, la valorisation de leur créativité et savoir-faire, le développement de nouvelles filières et modes de vente de leurs produits, notamment en France.

Les effets attendus étant :
Le maintien des emplois existant dans l’artisanat, notamment sur Agadez et dans les campements alentours,
Un frein à l’exode ou aux départs contraints vers d’autres territoires du fait de l’absence de débouchés sur place,
La préservation de la transmission des savoir-faire et  la poursuite de la  formation des jeunes au métier d’orfèvre.
La création de nouveaux emplois en amont et en aval de la filière.

Mais cette démocratisation de l’économie portée par l’ESS implique aussi de donner les moyens aux consommateurs de s’engager de se responsabiliser, en exerçant  en toute liberté leur capacité à agir sur l’économie. Cette réappropriation par le consommateur-citoyen conduit à promouvoir la consommation responsable comme un levier qui influence les modes de production, invente d’autres circuits de distribution. Plus largement, cela vise à un autre rapport à la consommation pour l’ensemble des citoyens,  à la fois plus sobre, plus créatif et plus solidaire.

 

 


EQUITABLE



Nous nous sentons très proches de la définition portée par le réseau Minga, auquel nous  projetons d’adhérer dans les mois qui viennent.
« L'objectif d'un commerce équitable, c'est avant tout une meilleure compréhension de ce monde dans lequel nous vivons, à travers ses pratiques d'échanges. C'est aussi, dans notre quotidien, l'équité pour tous ceux qui interviennent dans une filière : du producteur à l'acheteur final, en passant par le transporteur, le transformateur, les prestataires et les commerçants. Qu'il s'agisse de filières courtes ou longues, de partenaires voisins ou lointains.»(Iien : http://www.minga.net/spip.php?rubrique3).


Dans le cas précis d’ ISSOUGHAN, cette démarche  se traduit par l’achat et le paiement intégral des bijoux dès la commande. Ceci  facilite aux artisans l’acquisition des matières premières, et  rémunère par avance leur travail, leur permettant ainsi de se consacrer entièrement à la réalisation des bijoux, puisque la question de la commercialisation est déjà réglée.
Par ailleurs, un des artisans avec qui nous travaillons  est  actionnaire  de la société. A terme, nous souhaitons que ces bijoutiers ne soient pas « relégués » uniquement à la place de fournisseurs de l’entreprise, et que ceux qui le souhaitent  puissent prendre leur part (au propre comme au figuré) dans le développement et le choix des orientations de l’entreprise.
La piste de micro crédits sans intérêt pourrait être explorée pour accompagner ces artisans dans la prise de parts sociales au sein de la SARL.


SOLIDAIRE



Les richesses nombreuses et variées de la culture touareg ne doivent pas nous faire oublier que ce peuple vit dans des territoires recensés par le PNUD,  parmi les plus pauvres au monde (dont le Niger)

ISSOUGHAN existe aussi pour prendre sa part dans cette indispensable solidarité entre citoyens des pays « du Nord » et « du Sud »…


En projet 

 

La participation au financement de formations dans le cadre de la coopérative TENELET
L’appui à l’approvisionnement et achat des matières premières
La création d’une mutuelle de santé pour les artisans partenaires d’ISSOUGHAN.


Enfin, en cohérence avec ces différents fondements, ISSOUGHAN est adhérente à l’Agence pour le Développement de l’Economie Solidaire en Midi-Pyrénées (ADEPES -  www.adepes.org) qui défend cette vision du monde, de l’économie et des échanges entre les terriens, d’ici et de plus loin…..

 
forgerons_page_forgerons.png
Les artisans-forgerons des familles
KOUMAMA et ATTEFOCK
AGADEZ-NIGER
Ces familles de Touareg nigériens vivent dans la région d’Agadez au nord du Niger depuis la nuit des temps du peuple touareg. Dans l’organisation sociale touareg les forgerons appartiennent à ce qui s’apparente à une caste, hommes maîtres du feu, qui depuis toujours travaillent notamment les métaux: armes, objets usuels et surtout
bijoux en argent, ce qui leur a toujours conféré une place à part dans cette société.
Ils en constituent la deuxième principale composante avec les nobles et jouent le rôle d’intermédiaires entre ces nobles et les autres groupes de la société touareg. Leur savoir-faire ancestral perdure et se transmet dans la sphère familiale de
génération en génération, par un apprentissage dès le plus jeune âge, par immersion dans la forge familiale. Jusqu’à aujourd’hui ce patrimoine artisanal a contribué à ce que ces forgerons puissent préserver leur identité spécifique, leur cohésion en tant que groupe social, et leurs liens avec leurs origines notamment par une endogamie marquée, phénomène plutôt rare dans un Niger métissé.
Dans cet univers particuliers, les familles Koumama et Attefock occupent une place singulière. Mohamed Koumama, disparu en 2005 à l'age de 80 ans, fut un maître
reconnu et incontesté dans cet art prestigieux et raffiné de la bijouterie en argent, ainsi que du travail du cuir. Il obtint plusieurs prix à l’occasion de concours organisés à l’époque coloniale à Zinder, alors capitale administrative du Niger. Certaines de ces pièces sont encore exposées au musée de Niamey. Son travail a fait l’objet de plusieurs études et ouvrages (malheureusement aucune traduite en français...). Sa notoriété a contribué à faire reconnaître de par le monde, la maîtrise et la créativité dont sont porteurs les forgerons-bijoutiers touaregs, souvent copiés y compris par certains des
plus grands noms de la haute couture occidentale
Ces sont les enfants de Mohamed Koumama qui aujourd'hui ont repris le flambeau, perpétuant la tradition mais tout en la faisant évoluer, s'enrichir de ce que l'ouverture aux échanges planétaires a de meilleur: les rencontres, les confrontations,
les métissages.....
C'est donc un artisanat d'art pétri des savoir-faire ancestraux mais acclimaté aux goûts d’une clientèle devenue quasi planétaire, l'Europe et les Etats-Unis en tête, qui aujourd'hui sort des forges.
ariege-pyrenees_pupal600x300.jpg Mohamed Elhadji, Alhassan et d’autres ont particulièrement su développer des réseaux de diffusion de ces bijoux en Allemagne, aux Etats Unis et plus modestement en France. Ils participent régulièrement à des expositions permettant de faire connaître ce travail et de prendre la température des attentes de la clientèle occidentale; ils travaillent y compris sur commande pour des créations uniques et personnalisées.
Dans ce qui est devenu une entreprise qui dépasse le cadre stricto familial, une quarantaine d'artisans- forgerons, travaillent à la création de bijoux traditionnels ou
contemporains, chaque fois une pièce unique et originale qui demande la maîtrise de toutes les techniques et étapes de la fabrication d’une pièce de bijouterie.
Présents à Agadez et à Niamey, les artisans travaillent sur commande, ou proposent leurs propres créations à Elhadji ou à Alhassan qui se chargent de la commercialisation. Cette organisation satisfait l'ensemble des protagonistes. Pour
garantir la qualité des bijoux Elhadji et Alhassan travaillent avec les artisans choisis parmi les plus talentueux. Et pour les fidéliser ils les rétribuent à la hauteur de la qualité de leur travail.
De leur coté, les bijoutiers ont tout intérêt à donner le meilleur de leur savoir-faire afin de continuer à travailler pour des forges qui ont misé leur stratégie sur une exigence de qualité : pureté du métal, sélection des meilleures pierres, finesse des ciselures et des assemblages. Ils savent que leur travail sera reconnu par une rémunération juste, et valorisé par des modes de commercialisation qui se refusent de brader un travail de grande qualité.
ISSOUGHAN a choisi comme partenaires et fournisseurs ces familles de forgerons touareg.
P1020472.JPG

Partager cet article

Repost 0

commentaires