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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 08:59

 

 

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Pour ce dernier 19h19 de la saison, il n'y avait pas meilleur symbole que de voir réunis autour d'une assiette et d'un verre Eric et Hervé Floury ( ici Eric de dos) pour la librairie Floury avec Christian Bonneville de la ferme des Pibouls .

 

 

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En préambule le petit évènement : première présentation du film "Culture et Culture" réalisé par Yves Proal et les étudiants du B.T.S audiovisuel du Lycée des Arènes (Toulouse) dans le cadre de leur examen de fin d'année.

 

Un beau travail qui fait l'unanimité et qui offre à l'APRES un splendide résumé synthétique de son histoire, de ses engagements et de ce que l'association met en oeuvre tant avec le Recantou qu'avec la librairie Floury.

 

Après... C'est le Martin's Jazz Band (avec Yves Proal, encore lui! ) qui enflamme le Recantou (oui, oui...) tant son répertoire, son engagement, la spontanéité des musiciens et leur enthousiasme ponctuent de la plus belle manière cette saison 2012/2013. Que du bonheur!

 

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Une soirée très "hot jazz", ça se voit...

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:37

 

mardi 18 juin, «19h19 » de

l’APRES et des Ami-e-s d’Averroès 

au   RECANTOU 

42 rue des 7 troubadours (métro Jean Jaurès ou Marengo SNCF)


« L’ECARTELEMENT ALGERIEN »

de Jean-Marie TIXIER

Sans titre-11 Editions Libertaires

 


Jean-Marie Tixier est né le 23 décembre 1949, du côté d'Oran. C'est, donc, un " pied noir ". Ses parents étaient instituteurs. Hussards noirs de la république, ils apprenaient à lire, écrire, compter à TOUS les enfants de leur bled. Ils étaient donc plus qu'appréciés par la population " indigène ". Et c'est tout naturellement, qu'après l'indépendance, ils resteront plusieurs années en Algérie. Sa famille était de là-bas depuis plusieurs générations. Jean-Marie était donc très attaché à son pays. Fin des années 1970, après une arrivée en France, il est retourné chez lui. Quelques années. Comme prof à la fac d'Alger. Non au titre de la coopération mais comme " simple " prof algérien. Depuis, il reste très attentif à ce qui se passe dans son pays. Aux niveaux politique, économique, social et cinématographique. Grand-père depuis peu, il a tenu à raconter son histoire et celle de sa famille. Pour ses enfants, ses petits-enfants... et le reste du monde. Disons-le tout net, ce livre, magnifiquement écrit, est bouleversant. L'évocation de son passé est haute en couleurs et en parfums d'authenticité. En se démarquant tout autant du colonialisme que des différents gouvernements qui ont confisqué l'indépendance, il se retrouve dans le cheminement d'Albert Camus. Ecartelé entre ses origines algériennes et son présent français, il n'a eu de cesse d'établir des passerelles entre ces deux rives de la Méditerranée qui ont un passé et peut-être un avenir commun. Comme le dit excellemment Benoist Rey, dans sa préface, " nous l'accompagnons dans cet espoir insensé ".


Et comme toujours aux 19h19 de l’APRES… assiettes et vin bio

    http://l.apres.over-blog.com/                           apres.asso@yahoo.fr Verre de vinfourchette

 

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Jean-Marie Tixier

 

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Abdelmadjid Kaouah


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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 11:18

 

 

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Le soleil étant enfin de la partie, les portes des 19h19 au RECANTOU se sont ouvertes pour accueillir Olivier et ses deux compagnons qui nous ont fait vibrer avec leur créations et quelques reprises de leur cru.

 

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Tour à tour accompagnées d'une guitare, d'une flûte traversière, d'un accordéon, bien rythmées par une caisse à percussion, la musique et les paroles nous ont incités à nous asseoir aux pieds de l'Olivier.

 

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A voir les visages réjouis du public et le sourire des 3 musiciens on peut dire que cette fois encore les 19h19 ont ravi tous les participants...

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:19

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De quoi réchauffer les températures aléatoires de notre planète, "Los Compadres" ont réchauffé nos coeurs.

 

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Le timbre de leurs voix et le rythme de leurs guitares nous ont emportés dans un beau voyage musical de l'autre côté des Pyrénées et plus loin encore.....

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:49

 

 

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Pour un début, on ne peut pas dire qu’il se fit dans l’anonymat… ! Le Recantou n’avait jamais connu ça. Les portes furent ouvertes sur le trottoir pour permettre au maximum d’assister au concert. Qui sur le trottoir, qui sur un bout de chaise, par terre ou debout dans un angle…

 



Oui, c’était bien la première apparition du trio « Leylek ». De l’avis général, le travail est déjà plus qu’abouti. Yan Thiaudière marquant les rythmes à la derbouka ou à l’udu, Lucie Gibaux, virtuose à la clarinette et Agnese Migliore à l’accordéon vibrant d’émotion. Que dire des deux voix féminines se mêlant, complémentaires, jouant de la voix clamée au murmure jusqu’au fil de voix. Une belle complicité entre les trois compères… Beaucoup d’écoute, d’attention à l’autre… La complémentarité des artistes est un vrai bonheur.

 

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      Agnese à l'accordéon                      Yan au udu                              Lucie à la clarinette

 

Et le public leur fit un juste triomphe après ce voyage des confins de la Grèce aux rives turques ou campagne albanaise. Habitués du Recantou, des « 19h19 », beaucoup qui découvraient le lieu, certains qui étaient là, originaires d’autres régions de France et rêvant d’un coin semblable près de chez eux ! Le trio finit  par un bis non dénué de sens pour le lieu où étaient présents il y a juste deux semaines nos amis militants grecs ; ce fut un beau chant d’amour grec.

 

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Cette soirée avait de plus un sens particulier pour l’APRES, comme symbole de la fidélité, des liens qui se créent et du sens de la démarche.

 

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En effet, il y a trois ans quasiment jour pour jour, Agnese était invitée pour une conférence dont certains parlent encore, tant elle fut convaincante : « l’alimentation durable ».  C’est avec deux compères musiciens qu’elle a su nous convaincre trois années plus tard, quelques saisons et quelques cigognes passées (1)… Jamais l’APRES n’a senti marcher aussi bien sur ses deux pieds : Culture et cultures.

 

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(1)    « leylek », cigogne en turc

 

 

* Les élèves en B.T.S A.V du  Lycée des Arènes, à Toulouse, étaient là pour continuer, dans le cadre de leur formation un film sur l'APRES. Ceci rendait encore plus évenementielle la première prestation de "Leylek".

 

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Ci-dessous quelques photos transmises par un spectateur...

Lucien Soyere

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 07:04

 

 

jeudi 14 mars, «19h19 » de l’APRES

au   RECANTOU 

42 rue des 7 troubadours (métro Jean Jaurès ou Marengo SNCF)

 

LES ABEILLES ENTRE EUGENISME ET INTEGRISME…

 

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Rencontre-débat avec Cyril Viala, apiculteur : état de la filière apicole en France et techniques de sélection…

 

Et comme toujours aux 19h19 de l’APRES

 imagesVerre de vin 

http://l.apres.over-blog.com/                                                                               apres.asso@yahoo.fr

 

 

 

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Passionné et passionnant, Cyril Viala a captivé son auditoire (beaucoup de monde encore pour ce "19h19"!)

 

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Sans langue de bois, défendant sa profession et ne cachant pas ses inquiétudes concernant l'avenir avec la "spécialisation" de la filière apicole dans les tiroirs.

 



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Encore des résistances à organiser... et comme évoqué lors de la rencontre, la similitude avec les semences échappant aux paysans est évidente...

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 09:20

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Pierre Besse présente la délégation. A la caméra Maria; à sa droite Dimitris

 

l’APRES recevait dans le cadre des soirées  organisées au Recantou  une délégation de trois militants grecs venant s'informer sur nos AMAP et sur nos partenariats paysans-consommateurs. Un public composé de militants associatifs toulousains, de consommateurs du Recantou et de quelques producteurs du lieu dont Josian Palach et Alain Moles, parmi les fondateurs de l’épicerie-culturelle. C'est le réseau international Urgenci (urgenci.net) qui a planifié ce voyage, et qui a confié à Nicole et Pierre Besse (3) l'accueil de cette délégation. En lien avec quelques producteurs d'ici et quelques amis, et avec l'aide du réseau des AMAP de Tarn, Pierre Besse a coordonné un programme pour ces 5 jours de visites et de rencontres. Autant pour les visiteurs grecs que pour les organisateurs, cette mission est bénévole. Urgenci mobilise des fonds européens (programme Grundtvig) et l'association grecque Dio (association de promotion de l'agriculture bio) fournit un complément, pour couvrir les frais de déplacement et de séjour. Ces budgets étant limités, c’est de façon solidaire qu’ont été accueillis les militants grecs. Hors billets d’avion, la quasi-totalité des frais de séjour (hébergement, repas, déplacements) ont été pris en charge par l’AMAP de la Digue et le réseau des AMAP du Tarn, avec le concours de l’association l’Après et de l’AMAP Font de Cabrol.

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       Andreas Georgakakais                                                       Dimitris Machairidis


Lors de cette soirée, au Recantou, devant plus d’une trentaine de personnes, Maria, Andreas et Dimitris ont donné des éléments sur l’état de l’agriculture grecque aujourd’hui mais plus largement aussi sur le sentiment dans le pays frappé par une crise subie par tous. Des réponses tentent d’être apportées avec l’organisation de circuits courts. C’est dans la perspective de voir ce qui se fait en France et d’enrichir leur expérience que les militants grecs ont notamment visité - autour des circuits courts - deux fermes maraîchères en AMAP à Lagardelle-sur-Lèze (Nigel Parker, Pierre et Nicole Besse), la ferme d’Alain et Véronique Gatti, maraîchers en AMAP à St-Jory et le point de distribution de « paniers paysans » proposés par l’APRES à la librairie Floury, rue de la Colombette. Le débat et les questions ne manquaient pas venant d’un public très concerné par la situation en Grèce.

Lors de cette rencontre, l’APRES trouvait là toute la pertinence de son engagement pour contribuer au croisement des expériences, aux complémentarités des luttes, aux solidarités Nord-Sud, mais aussi Nord-Nord comme ce soir là. Enfin l’espace du Recantou continue d’exister au-delà d’un point de vente direct, mais comme une place de résistance à la grande distribution et à la malbouffe.

Et comme d’habitude, la convivialité autour de l’assiette des produits du cru et d’un verre de vin, facilitait les échanges dans un mélange de grec, d’anglais et de français…

 

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                                                                Maria Partalidou

 

 

(1)   Pierre Besse est co-auteur du livre « La Bio entre business et projet de société » Editions Agone. Il était venu au Recantou, avec Philippe Baqué, en juin 2012 présenter cet excellent livre.

 

La délégation grecque était composée de :
- Andreas Georgakakis, qui travaille pour Dio, association grecque de promotion de l'agriculture bio. Andreas a organisé en 2011 et 2012 deux rencontres en Grèce en 2011 et 2012, auxquelles Pierre Besse participé pour Urgenci.
- Dimitris Machairidis, agriculteur de la région de Thessalonique
- Maria Partalidou, universitaire spécialisée en sociologie rurale à la faculté d’agriculture de Thessalonique et impliquée dans le mouvement des partenariats directs en Grèce. Maria a assisté à une des réunions que nous avons eues à Thessalonique en mai 2012.


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                        discussion entre Pierre Besse, Alain Moles et Andreas Georgakakis

 

 

le programme :

Mardi 8 mars :

Après-midi et soirée, visites de 2 fermes maraîchères en AMAP à Lagardelle-sur-Lèze (Nigel Parker, Pierre et Nicole Besse).

 

Mercredi 6 :

Matin, visite chez Nicolas Mysline, éleveur de volailles à Marliac.

Après-midi, visite chez Alex Franck, producteur de pommes à la ferme de Vernou à St-Quirc.

A 18h, rencontre avec les "Paniers paysans" de Toulouse, groupe de consommateurs en partenariat avec des producteurs du Tarn-et-Garonne.

A 19h19 soirée-débat au Récantou, à Toulouse. Le Récantou est une "épicerie paysanne" en lien avec des producteurs locaux, c'est aussi le siège de l'association "l'Après" qui organise cette soirée.

 

Jeudi 7 :

Matin : visite chez Alain et Véronique Gatti, maraîchers en AMAP à St-Jory.

A midi, repas avec des élus au Conseil Régional.

Après-midi et soirée, des rencontres à Ramonville : visite de l'expérience de construction autogérée de l'Habitat Groupé du Canal, rencontre avec des membres du réseau Floréal (partenariat avec des producteurs bio d’Andalousie) et avec l'AMAP font de Cabrol (Philippe et Christine Perramond, viticulteurs dans l'Aude qui ont démarré un jardin maraîcher avec une AMAP de Ramonville).

Vendredi 8 :

journée dans le Tarn organisée par le réseau des AMAP du Tarn : visite de la couveuse d'activité agricoles du Mas de Rest à Gaillac, rencontre avec le Miramap, et visite chez Daniel Coutarel, éleveur-polyculteur en AMAP.

Vers 20h, à Lagardelle, repas partagé avec l'AMAP de la Digue.

 

Samedi 9 :

Matin : rencontre à Tournefeuille avec l’Association des Jardiniers de Tournefeuille, visite des jardins partagés. Accompagnatrice : Delphine Garapon.

 

 

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Les partenariats producteurs-consommateurs

en Grèce

Andreas Georgakakis – Mars 2013

 

[Notes du traducteur : Andreas Georgakakis travaille pour DIO, association grecque de promotion de l’agriculture biologique. Les CSA - Community Supported Agriculture – sont la forme anglo-saxonne des AMAP (USA, Canada, Europe du Nord). « CSA for Europe » est un programme d’échanges entre pays européens sur les partenariats solidaires producteurs-consommateurs. Il est financé par les fonds européens Grundtvig et coordonné par Urgenci, le réseau international des initiatives d’agriculture soutenue par la communauté (urgenci.net).]

 

Depuis le démarrage du projet Grundtvig « CSA for Europe », et avec l’approfondissement de la crise économique en Grèce, nous essayons de stimuler les mouvements de solidarité impliqués dans la distribution alimentaire.

 

Le « mouvement de la patate[1] » s’est développé depuis maintenant un an, et a diversifié les produits concernés. Les besoins immédiats de la population pour une consommation à bas prix ont amené à l’établissement de nouvelles formes de distribution des produits. Spécialement pour les produits agricoles, à l’exception de la vente directe de produits bio sur les marchés, déjà existante, il y a maintenant des dizaines de marchés de plein vent partout dans le pays, où les agriculteurs viennent vendre leur propre production directement aux consommateurs. Les produits ainsi vendus ne sont pas nécessairement issus d’une production durable ou bio. Les vendeurs sont en général de petits ou moyens agriculteurs (par rapport à la moyenne grecque) qui font en majorité une production conventionnelle, et l’interaction avec les consommateurs est limitée sur les stands de marchés de plein vent. Jusqu’à maintenant, ces initiatives de solidarité alimentaire se sont focalisées davantage sur le prix que sur la qualité des produits – ceci même si c’est un moyen/solution très important pour les grecs qui font face à une crise qui empire chaque jour.  

 

L’exemple ci-dessous est très représentatif. L’interaction entre consommateurs et producteurs dépend surtout du niveau d’auto-organisation des consommateurs. Les groupes de consommateurs qui ont eu connaissance de formes de partenariats élaborés ont une relation plus interactive avec les paysans. Par exemple, dans la ville de Katerini, berceau du mouvement de la patate, des centaines de gens ont rejoint ce qui s’appelle maintenant le mouvement « sans intermédiaires ». Leur comité organise une sorte d’ « appel d’offres » régulièrement, où les producteurs affichent les produits et les prix, et les consommateurs votent pour les producteurs qu’ils préfèrent voir entrer dans le système d’échange direct, selon le prix et la qualité de leurs produits. Ce système inclue aussi des produits autres qu’alimentaires (détergents, papier-toilette et autres produits de consommation courante), et les produits offerts sont acceptés non seulement de producteurs individuels mais aussi de coopératives, voire de petites entreprises commerciales.

 

Avec plus ou moins les mêmes méthodes, des groupes de consommateurs ont organisé et établi des groupes solidaires et des points de vente dans les grandes villes, où les consommateurs peuvent acheter des produits agricoles. Dans ce cas, il est clair qu’il y a un intérêt des consommateurs pour les produits bio, même si on y trouve aussi des produits conventionnels. Ces initiatives font croître et s’approfondir leurs relations avec le reste de la société, et ces derniers mois on voit que ces groupes essaient de joindre leurs efforts vers une agriculture fondée sur la solidarité, en nouant de plus en plus de liens avec les petits paysans. Un exemple très représentatif est le cas de 14 initiatives dans la ville de Thessalonique, qui tentent de se réunir pour établir un réseau ouvert et autonome d’échange de produits agricoles. Parmi les groupes qui ont rejoint cette coalition, il y a un groupe de paysans d’un village de la préfecture de Greneva, ce qui pourrait conduire à l’avenir vers une forme plus proche des CSA.

 

Ces initiatives « sans intermédiaire » ont leur origine non seulement dans le « mouvement de la patate » mais aussi dans d’autres mouvements issus de la résistance aux mesures d’austérité. Un bon exemple en est la formation du groupe « Svoura », dans la ville de Corinthe, qui s’est formé comme une action de type « occupy the streets » à l’occasion des grandes manifestations qui ont secoué tout le pays. Ces derniers mois, ils ont organisé beaucoup d’actions de solidarité (comme des distributions de nourriture aux sans-abri) et ils ont déjà établi une sorte de schéma d’AMAP en établissant un lien entre vingt producteurs locaux et quatre-vingt familles de consommateurs. Les consommateurs commandent chaque semaine les produits dont ils ont besoin, sur une liste de produits disponibles (légumes, fruits, huile, vin…) fournie par les producteurs, et ils se rendent sur un point de distribution pour récupérer leur commande. Cependant les paysans ne dépendent pas exclusivement de ces revenus pour vivre, ils ont d’autres modes de vente.

 

Les schémas cités ci-dessus peuvent être qualifiés de réaction spontanée de gens qui essaient de faire face à la crise. D’un autre côté, il y a aussi quelques cas de partenariats établis grâce à l’énergie de quelques pionniers qui connaissaient déjà les CSA, ou qui s’y sont familiarisés à l’occasion des actions que DIO a organisées dans le cadre du programme « CSA for Europe ». Mais dans tous ces cas également, les paysans écoulent seulement une partie de leur production via les CSA, ils vendent le reste ailleurs, surtout sur les marchés de rue.

 

En faisant connaître le projet « CSA for Europe » via notre site web, par le magazine de DIO et par les manifestations mêmes du programme (deux tournées d’information, organisées à Athènes et dans le nord de la Grèce, ainsi que deux mission d’étude des CSA allemands et anglais) nous avons pu entrer en contact avec des individus et des groupes qui sont très intéressés à créer ou à rejoindre des CSA, et nous sommes heureux que le programme « CSA for Europe » air pu aider à motiver les gens et à les faire se rencontrer !

 

Il y a deux CSA dans la ville d’Athènes, avec des consommateurs qui soutiennent deux paysans situés près de la ville de Marathon, à environ quarante Km d’Athènes. Dans un de ces CSA, Thomas Anemos, un « leader » du groupe de consommateurs « Agronaftes » (http://agronaftes.blogspot.gr/) a participé au voyage en Allemagne du projet « CSA for Europe ». Le paysan, Thodoris Arvanitis, avait hébergé Rupert Dunn, du Pays de Galles, un des conférenciers de la session d’information « CSA for Europe » tenue lors de l’écofestival d’Athènes en novembre 2011. Thodoris a rejoint ce CSA à l’automne 2012, alors que le précédent fermier du groupe avait décidé de quitter le CSA. Il y a un autre petit CSA formé par Diamantinis Antonis, un jeune paysan de Corinthe, qui cultive des légumes selon les principes de l’agriculture naturelle. Il est soutenu par un groupe de 15 consommateurs et il bénéficie d’informations de valeur sur les techniques de production de la part d’un membre de DIO, Aris Elias. Il y a enfin un autre petit CSA qui s’est formé dans la petite ville d’Amaliada, dans l’ouest du Péloponèse. Nikos Koutsodimos, un producteur bio d’agrumes, a participé à la mission « CSA for Europe » au Royaume Uni. A son retour il a rencontré Tina Limberis, une femme très motivée qui donne des séminaires et fait la promotion de la permaculture (www.kangouro.gr). Tina avait déjà dans l’idée de monter un CSA, et Nikos l’a convaincue que ça valait la peine d’essayer. Maintenant, autour de Nikos, ce sont cinq paysans bio qui font un panier hebdomadaire pour environ vingt consommateurs.

 

Nous connaissons quelques autres initiatives mais la plupart sont en cours d’organisation en vue d’établir de véritables CSA. Une raison principale à cela est que dans ces groupes il n’y a que peu de personnes qui soient à même de trouver des paysans prêts à tenter cette aventure, et que les gens dans ces groupes n’ont pas une idée très claire sur le moyen d’adapter les pratiques des CSA à l’état des choses en Grèce aujourd’hui.

 

Enfin, il faut noter aussi qu’il y a des entreprises qui proposent des formules de « paniers verts » aux consommateurs, initiées par des producteurs – ou des revendeurs en lien avec des producteurs. Ces schémas sont de type commercial, en ce sens que les consommateurs n’ont pas d’autre interaction avec le paysan que l’échange « argent contre produits ».

 

Pour finir, on peut conclure que la crise force les grecs à chercher et à trouver des alternatives à la chaîne de distribution alimentaire. Les idées et pratiques du mouvement des CSA peuvent être adoptées facilement par les groupes nouvellement formés. Ce qui a été accompli jusqu’à maintenant montre qu’il y a beaucoup de potentiel, mais aussi beaucoup d’incertitudes. On peut le voir dans le fait que dans toutes les initiatives que nous connaissons, les paysans ne distribuent qu’une partie de leur production aux groupes de consommateurs. Ce dont on a besoin, c’est de personnes davantage persuadées, ayant une vision claire, qui pourraient attirer les autres, et bien sûr du savoir technique pour montrer qu’une ferme reposant entièrement sur un CSA est viable. DIO, à travers les actions du projet Grundtvig « CSA for Europe », a déjà apporté son aide, et durant les derniers mois du projet il nous reste beaucoup à faire.



[1] Le “mouvement de la patate” a commence au début de 2012 comme une tentative de court-circuiter les intermédiaires et pour connecter directement les producteurs et les consommateurs, avec comme premières actions la livraison de tonnes de pommes de terre directement dans le centre de beaucoup de villes grecques, où elles ont été distribuées aux citoyens à bas prix. Pour plus d’information, voir :  

http://newint.org/features/2013/01/01/greece-potato-movement/

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 13:15

 

 

P1020478.JPGSylvie Lesage, d'ISSOUGHAN, présente le partenariat avec les artisans forgerons Touaregs du Niger

Les projets concrets ne manquent pas et peuvent être réalisés malgré le contexte géopolitique qui complique les déplacements dans la région d'Agadez.

A suivre et à soutenir!

 

Issoughan : commerce équitable de bijoux artisanaux touareg

 

 

 

 

 ISSOUGHAN 

Magie de l’argent, éclat des pierres fines,

profondeur de l’ébène…

 

Voici des parures, secrets de beauté des hommes et des femmes du désert.

Partenaires des orfèvres d’Agadez, nous vous proposons

des bijoux traditionnels, des créations contemporaines

forgées par des artisans Touareg du Niger.

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Dans une démarche solidaire,

équitable, et créative !!

 

 

 

Derrière le mystère des voiles qui magnifient le magnétisme  des regards qui se cachent, il est un monde de parures et de merveilles… Dévoilés pour vous sur

issoughan.fr

 

 

 

 

HISTORIQUE & PERSPECTIVES DU PROJET

 

Hier… TÂSSAKH, une association de SOLIDARITE,
Aujourd’hui…ISSOUGHAN, une SARL de commerce équitable pour le développement économique

Demain… une coopérative, pour une structure résolument ancrée dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire.
TÂSSAKH, une association :
Tout a commencé par un voyage au Niger, en 2004, dans la région d’Agadez au nord du pays, et la prise de conscience des réalités vécues par cette région du monde, et des peuples qui l’habitent. Des rencontres, des échanges et des premiers liens avec des acteurs de la société civile, des militants associatifs, des élus locaux de la région d’Agadez nous ont permis d’appréhender « de l’intérieur » ces réalités mais aussi les richesses et le potentiel de cette région. En effet, ce territoire de la région d’Agadez (l’Aïr) est recensé par le PNUD, comme parmi les plus pauvres au monde, en regard des critères de développement humain. Mais ce classement chargé de difficultés ne doit cependant pas faire oublier les richesses et les potentiels nombreux ainsi que la vitalité des initiatives de ceux qui l’habitent.
Notre premier engagement fut associatif, au travers une structure franco-nigérienne l’association TÂSSAKH. Les fondements de l’association reposent sur l’idée de plutôt s’appuyer sur les potentiels de cette région que d’apporter uniquement une aide à ses difficultés. C’est ainsi que cette association a déployé trois axes principaux de soutien à des projets économiques portés par les habitants de ce
territoire :


1- En partenariat avec l’association Kokopelli, soutien au maraîchage vivrier et destiné à la vente. Il s’agit d’approvisionner un groupe d’une quarantaine de familles sur le quartier d’Alarcess, en semences fertiles, afin de déconstruire le lien de dépendance totale en matière de semences, consécutif à la seule présence de semences occidentales hybrides localement. Les difficultés récurrentes des années antérieures (sécheresse, famines, troubles politico sociaux) n’ayant pas permis à ces maraîchers de pouvoir correctement conserver et reproduire leurs semences traditionnelles endémiques. Un jardin de semences à été mis en place dès octobre 2007, dont le développement devait permettre de fournir des maraîchers sur l’ensemble de la zone. Les inondations catastrophiques de septembre 2009 (détruisant 1/3 de la ville d’Agadez, et la totalité des jardins) oblige aujourd’hui a redémarrer le projet.


2- Soutien au développement d’activités génératrices de revenus pour des femmes, réunies dans des structures collectives de solidarité mutuelle (groupements féminins, associations de quartier, coopératives) par le biais de micro crédits tournant. Ce système, pratiqué depuis de nombreuses années sur Agadez, allie les avantages du micro crédit classique et d’une pratique traditionnelle, la tontine. Il permet de soutenir économiquement le démarrage d’une activité économique. Le fonds est abondé par des donateurs, surtout français mais aussi quelques nigériens, sous forme de parrainages. Ces parrainages sont mutualisés et confiés à un collectif qui en assume la gestion et rend des comptes sur son
utilisation. Chacune des adhérentes à tour de rôle reçoit la somme nécessaire pour démarrer son activité (achat de matières premières essentiellement), et décide avec le collectif de la durée du prêt. Quand sa solvabilité lui permet elle rembourse ce prêt au collectif, qui peut ainsi prêter à nouveau la somme à une nouvelle porteuse de projet. Ainsi depuis 2005 plus de 250 femmes ont pu démarrer des activités qui leur permettent de sortir d’une précarité totale, tout en valorisant leur capacité à les développer, et en renforçant les liens de solidarité au sein du groupement. A ce jour 100% des prêts ont été remboursés par les bénéficiaires, ou par le collectif quand ces dernières ont été défaillantes.


3- Soutien à l’artisanat local, notamment celui des bijoutiers forgerons touaregs. Il s’agissait d’accueillir ces artisans en France à l’occasion des leurs voyages biannuels (été et période précédent Noël) et de les accompagner par prise en charge de leurs transports, l’accueil sur différentes villes, et l’aide à la recherche et à la participation à des manifestations
culturelles ou solidaires afin de faire connaître leur travail et vendre leurs productions.


ISSOUGHAN, une SARL de commerce équitable
Si la forme associative convient parfaitement aux deux premiers axes d’actions, nous en avons vite perçu les difficultés et limites pour le soutien aux artisans. Une activité à vocation économique, exercée en France, ne s’accommodant que difficilement de ce statut associatif.
Par ailleurs, l’évolution de la situation sociale et politique sur Agadez, par la reprise d’une rébellion touareg en février 2007, a depuis lors, totalement privé ce territoire de l’apport du tourisme, empêché par l’insécurité et les échauffourées armées et sanglantes. Les ressources annuelles des artisans provenant pour environ 45% des ventes aux touristes, ils s’en sont vu brutalement privé.
Enfin, l’évolution des politiques en matière d’attribution de visas par les autorités françaises a dans le même temps rendu les possibilités pour ces artisans de venir en France vendre leurs productions à la fois beaucoup plus aléatoires et coûteuses. Cette nouvelle donne réduisant notablement le nombre de leurs voyages effectifs depuis 2007, avec des incidences économiques désastreuses pour ces familles.
La prise en compte de ces évolutions dans l’environnement a amené l’association Tâssakh à prendre la décision de sortir ce soutien aux artisans, du champ de ses activités, et de contribuer à fonder une autre structure particulièrement dédiée à cette activité économique. Ainsi est née en 2009 ISSOUGHAN qui signifie « Bijoux » en tamashek (la langue de Touareg) et qui existe donc pour prendre sa part dans cette indispensable solidarité entre citoyens des pays « du
Nord » et « du Sud ».


- Une SARL pour doter ce partenariat de plusieurs années avec des artisans bijoutiers de la région d’Agadez, d’un outil plus adapté afin de mieux faire fructifier leurs activités, notamment parce qu’ils n’en sont pas les simples fournisseurs, mais aussi pour certains, associés et donc
acteurs et décideurs à part entière au sein de l’entreprise.


- Une boutique en ligne pour commercialiser et valoriser leur beau travail d’orfèvrerie en argent,
traditionnelle ou contemporaine, de façon permanente en France, au-delà des aléas sociaux
politiques entravant la circulation des hommes ;


- L’organisation de temps de rencontres en France avec le public afin de permettre une meilleure
connaissance et compréhension de qui sont ces créateurs, une découverte de leur environnement.
Demain, une coopérative pour la pérennisation du projet
Issoughan sous forme de SARL, constitue donc une étape intermédiaire dans le processus de développement envisagé. Les critères économiques requis pour la constitution d’une SCOP ne pouvant être réunis au démarrage de l’activité, c’est donc la forme SARL qui a été choisie, par défaut.
A terme, et dès que les conditions le permettront, il s’agit de faire évoluer le cadre juridique, le fonctionnement et le mode de gouvernance, dans l’objectif d’une cohérence accrue entre les formes de l’entreprise et l’éthique portée par ses fondateurs : un ancrage plus fort autour des valeurs portées par le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire.

 

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Ethique équitable & solidaire

 

Notre démarche, patiente et mesurée comme celle de l’artisan dans son atelier, s’articule autour de ces trois idées fondatrices qui guident la conception, le fonctionnement, et les perspectives de développement de notre activité.


ETHIQUE


Nous nous référons à celle portée par  l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), qui se différencie de l’économie « classique » en cherchant à produire, vendre, consommer, employer autrement. L’humain est au centre de tous les projets qui sont amenés à se développer de manière respectueuse pour l’environnement et les territoires. Le profit n’est pas une fin en soi, mais bien un moyen au service d’un projet social et solidaire.

Inscrit dans ce projet économique et social, ISSOUGHAN entend participer activement au maintien des activités artisanales, à la fois traditionnelles et inédites, qui permettent aux forgerons bijoutiers de vivre dignement de leur activité. Concrètement ces intentions se traduisent à différents niveaux :

Le juste paiement de leur travail, la valorisation de leur créativité et savoir-faire, le développement de nouvelles filières et modes de vente de leurs produits, notamment en France.

Les effets attendus étant :
Le maintien des emplois existant dans l’artisanat, notamment sur Agadez et dans les campements alentours,
Un frein à l’exode ou aux départs contraints vers d’autres territoires du fait de l’absence de débouchés sur place,
La préservation de la transmission des savoir-faire et  la poursuite de la  formation des jeunes au métier d’orfèvre.
La création de nouveaux emplois en amont et en aval de la filière.

Mais cette démocratisation de l’économie portée par l’ESS implique aussi de donner les moyens aux consommateurs de s’engager de se responsabiliser, en exerçant  en toute liberté leur capacité à agir sur l’économie. Cette réappropriation par le consommateur-citoyen conduit à promouvoir la consommation responsable comme un levier qui influence les modes de production, invente d’autres circuits de distribution. Plus largement, cela vise à un autre rapport à la consommation pour l’ensemble des citoyens,  à la fois plus sobre, plus créatif et plus solidaire.

 

 


EQUITABLE



Nous nous sentons très proches de la définition portée par le réseau Minga, auquel nous  projetons d’adhérer dans les mois qui viennent.
« L'objectif d'un commerce équitable, c'est avant tout une meilleure compréhension de ce monde dans lequel nous vivons, à travers ses pratiques d'échanges. C'est aussi, dans notre quotidien, l'équité pour tous ceux qui interviennent dans une filière : du producteur à l'acheteur final, en passant par le transporteur, le transformateur, les prestataires et les commerçants. Qu'il s'agisse de filières courtes ou longues, de partenaires voisins ou lointains.»(Iien : http://www.minga.net/spip.php?rubrique3).


Dans le cas précis d’ ISSOUGHAN, cette démarche  se traduit par l’achat et le paiement intégral des bijoux dès la commande. Ceci  facilite aux artisans l’acquisition des matières premières, et  rémunère par avance leur travail, leur permettant ainsi de se consacrer entièrement à la réalisation des bijoux, puisque la question de la commercialisation est déjà réglée.
Par ailleurs, un des artisans avec qui nous travaillons  est  actionnaire  de la société. A terme, nous souhaitons que ces bijoutiers ne soient pas « relégués » uniquement à la place de fournisseurs de l’entreprise, et que ceux qui le souhaitent  puissent prendre leur part (au propre comme au figuré) dans le développement et le choix des orientations de l’entreprise.
La piste de micro crédits sans intérêt pourrait être explorée pour accompagner ces artisans dans la prise de parts sociales au sein de la SARL.


SOLIDAIRE



Les richesses nombreuses et variées de la culture touareg ne doivent pas nous faire oublier que ce peuple vit dans des territoires recensés par le PNUD,  parmi les plus pauvres au monde (dont le Niger)

ISSOUGHAN existe aussi pour prendre sa part dans cette indispensable solidarité entre citoyens des pays « du Nord » et « du Sud »…


En projet 

 

La participation au financement de formations dans le cadre de la coopérative TENELET
L’appui à l’approvisionnement et achat des matières premières
La création d’une mutuelle de santé pour les artisans partenaires d’ISSOUGHAN.


Enfin, en cohérence avec ces différents fondements, ISSOUGHAN est adhérente à l’Agence pour le Développement de l’Economie Solidaire en Midi-Pyrénées (ADEPES -  www.adepes.org) qui défend cette vision du monde, de l’économie et des échanges entre les terriens, d’ici et de plus loin…..

 
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Les artisans-forgerons des familles
KOUMAMA et ATTEFOCK
AGADEZ-NIGER
Ces familles de Touareg nigériens vivent dans la région d’Agadez au nord du Niger depuis la nuit des temps du peuple touareg. Dans l’organisation sociale touareg les forgerons appartiennent à ce qui s’apparente à une caste, hommes maîtres du feu, qui depuis toujours travaillent notamment les métaux: armes, objets usuels et surtout
bijoux en argent, ce qui leur a toujours conféré une place à part dans cette société.
Ils en constituent la deuxième principale composante avec les nobles et jouent le rôle d’intermédiaires entre ces nobles et les autres groupes de la société touareg. Leur savoir-faire ancestral perdure et se transmet dans la sphère familiale de
génération en génération, par un apprentissage dès le plus jeune âge, par immersion dans la forge familiale. Jusqu’à aujourd’hui ce patrimoine artisanal a contribué à ce que ces forgerons puissent préserver leur identité spécifique, leur cohésion en tant que groupe social, et leurs liens avec leurs origines notamment par une endogamie marquée, phénomène plutôt rare dans un Niger métissé.
Dans cet univers particuliers, les familles Koumama et Attefock occupent une place singulière. Mohamed Koumama, disparu en 2005 à l'age de 80 ans, fut un maître
reconnu et incontesté dans cet art prestigieux et raffiné de la bijouterie en argent, ainsi que du travail du cuir. Il obtint plusieurs prix à l’occasion de concours organisés à l’époque coloniale à Zinder, alors capitale administrative du Niger. Certaines de ces pièces sont encore exposées au musée de Niamey. Son travail a fait l’objet de plusieurs études et ouvrages (malheureusement aucune traduite en français...). Sa notoriété a contribué à faire reconnaître de par le monde, la maîtrise et la créativité dont sont porteurs les forgerons-bijoutiers touaregs, souvent copiés y compris par certains des
plus grands noms de la haute couture occidentale
Ces sont les enfants de Mohamed Koumama qui aujourd'hui ont repris le flambeau, perpétuant la tradition mais tout en la faisant évoluer, s'enrichir de ce que l'ouverture aux échanges planétaires a de meilleur: les rencontres, les confrontations,
les métissages.....
C'est donc un artisanat d'art pétri des savoir-faire ancestraux mais acclimaté aux goûts d’une clientèle devenue quasi planétaire, l'Europe et les Etats-Unis en tête, qui aujourd'hui sort des forges.
ariege-pyrenees_pupal600x300.jpg Mohamed Elhadji, Alhassan et d’autres ont particulièrement su développer des réseaux de diffusion de ces bijoux en Allemagne, aux Etats Unis et plus modestement en France. Ils participent régulièrement à des expositions permettant de faire connaître ce travail et de prendre la température des attentes de la clientèle occidentale; ils travaillent y compris sur commande pour des créations uniques et personnalisées.
Dans ce qui est devenu une entreprise qui dépasse le cadre stricto familial, une quarantaine d'artisans- forgerons, travaillent à la création de bijoux traditionnels ou
contemporains, chaque fois une pièce unique et originale qui demande la maîtrise de toutes les techniques et étapes de la fabrication d’une pièce de bijouterie.
Présents à Agadez et à Niamey, les artisans travaillent sur commande, ou proposent leurs propres créations à Elhadji ou à Alhassan qui se chargent de la commercialisation. Cette organisation satisfait l'ensemble des protagonistes. Pour
garantir la qualité des bijoux Elhadji et Alhassan travaillent avec les artisans choisis parmi les plus talentueux. Et pour les fidéliser ils les rétribuent à la hauteur de la qualité de leur travail.
De leur coté, les bijoutiers ont tout intérêt à donner le meilleur de leur savoir-faire afin de continuer à travailler pour des forges qui ont misé leur stratégie sur une exigence de qualité : pureté du métal, sélection des meilleures pierres, finesse des ciselures et des assemblages. Ils savent que leur travail sera reconnu par une rémunération juste, et valorisé par des modes de commercialisation qui se refusent de brader un travail de grande qualité.
ISSOUGHAN a choisi comme partenaires et fournisseurs ces familles de forgerons touareg.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 08:24

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Florence Thinard

 

 

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Belle rencontre au Recantou pour ce 3ème Impromptu consacré à Florence Thinard, Frédéric Lisak des éditions Plume de carotte, pour ce magnifique ouvrage: "L'herbier des explorateurs". Un travail d'enquête de compilation d'informations et d'écriture d'un an et demi pour Florence Thinard!

 

Beaucoup de passion et d'émotion dans les propos de Florence Thinard évoquant les incroyables aventures humaines autour ce ces plantes collectées au quatre coins du monde.

Frédéric Lisak nous parle des cinq années préparatoires de contacts et rencontres, notamment avec le Royal Botanic Gardens de londres.

 

Un ouvrage magnifique!

 

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préambule de l'ouvrage (Frédéric Lisak):

 

 

"Des plantes desséchées, découpées, pliées, repliées, tordues... et pourtant si présentes.
Des écritures nerveuses, presque illisibles, raturées, étiquetées, superposées... et pourtant si précises.

 

A elles seules, les planches d'herbier rassemblées dans cet ouvrage nous racontent des histoires incroyables. Leur contenu botanique parle du travail des explorateurs qui les ont cherchées et collectées; leurs taches et leurs pliures dessinent les trajets longs et tortueux qu'elles ont parcourus à travers les continents et les océans; les multiples étiquettes et annotations succéssivent révèlent leur long voyage d'étude à travers le temps par des générations de scientifiques.

 

Sont-elles belles, ces planches d'herbier? Pas toujours, usées et surchargées qu'elles sont de porter ces histoires multiples. Mais elles n'en sont que plus fortes, plus évocatrices, plus vivantes presque, portant toutes les expéditions et les aventures qui leur ont été nécessaires pour arriver jusqu'à nous aujourd'hui.

 

Si elles sont là sous nos yeux, même vieilles de plusieurs siècles, c'est parce que tous ces explorateurs un peu fous ont parcouru la planète en tout sens pour les collecter et les rapporter. C'est aussi parce que des personnes, au Royal Botanic Gardens, à Londres, et à l'Herbier de Montpellier, continuent aujourd'hui encore de les conserver, de les étudier, de les annoter en fonction de l'avancée de nos connaissances du vivant.

Du coup ces planches d'herbier continuent de vivre.

 

Que tous les acteurs qui les ont portées à un moment ou un autre en soient ici chaleureusement remerciés, et particulièrement celles et ceux qui nous ont permis d'y accéder pour pouvoir vous les offrir dans ce livre: John Harris, Lydia White, Gina Fullerlove, David Goyder, Julia Buckley, Craig Brough, Véronique Bourgade, Peter Schäfer."

 

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Frédéric Lisak, directeur des éditions Plume de carotte

 

 

- Editions Plume de Carotte

 

 

 

 

 

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                                                                             Eric Floury et Florence Thinard

 

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 14:01

 

mercredi 6 février, «19h19 » de l’APRES

au   RECANTOU

42 rue des 7 troubadours (métro Jean Jaurès ou Marengo SNCF)

 

A4récantou

 

Embarquez pour un voyage d'un an, du Récantou à la Papouasie, en stop et sans le sou, à la rencontre des bergers d'orient, paysans des Indes et chasseurs-cueilleurs d'Océanie.

Un carnet de déroute en images, en musique et en récits avec Antoine, paysan-vagabond chevronné !
Participation libre au chapeau !

Un petit aperçu en vidéo pour réveiller vos instincts vagabonds :
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